West Web Festival : la Bretagne accueille le meilleur du digital

Les 19 et 20 juillet derniers avait lieu la 5ème édition du West Web Festival, l’université d’été du web et du digital breton. Au programme de ces deux journées, des conférences, des tables rondes et des ateliers animés par des experts de l’innovation, du numérique et de la tech. De nombreuses pointures du web étaient présentes, issues des GAFA (Google, Amazon et Facebook), de start-up (Leetchi, Doctrine, Klaxoon, Syllabs, Sensee) et d’entreprises reconnues et novatrices comme le Groupe Salaün, Ubisoft, Arkéa, Le Bon Coin ou encore Just Eat. Tous étaient rassemblés pour évoquer leur histoire, leur expérience et délivrer des pistes de réflexion à chacun des participants.

Retour sur le West Web Festival, un bel événement qui permet à la Bretagne de rayonner au-delà de ses frontières et de s’imposer comme un véritable moteur de l’innovation.

 

Retour sur le #WestWebFestival, un bel événement qui permet à la Bretagne de rayonner au-delà de ses frontières et de s’imposer comme un véritable moteur de l’innovation | via @AbakaConseil Click to Tweet

 

Le digital est partout

Quand on pense digital, on pense très souvent aux start-ups. Mais le numérique a désormais investi le terrain de tous les secteurs d’activités et de tous les métiers. L’exemple de Doctrine est à ce titre édifiant. Cette start-up a pour mission de mettre l’intelligence artificielle au service des professions juridiques en leur apportant des réponses sur les questions techniques de base. L’idée ici n’est pas de remplacer les juristes mais bien de leur permettre d’éliminer les tâches ingrates et de se consacrer à celles à forte valeur ajoutée. La profession d’avocats, perçue comme l’une des plus traditionnelles, a su s’emparer très vite de cet outil innovant, dont le succès n’est plus à démontrer. De la même manière, le digital a désormais été pleinement intégré dans le transport de personnes chez Salaün Holidays. Cette entreprise a su complètement réinventer son modèle pour intégrer le digital dans les métiers. Pour cela, la direction du digital s’est attachée à former, à accompagner et à intégrer les collaborateurs à la transformation digitale. Une formule qui s’est avérée gagnante.

 

Innover en territoire breton

Pour accompagner les start-ups de la pointe bretonne, ce festival a aussi été l’occasion du lancement officiel de BRESSST, filière d’excellence dans le domaine de la fintech. De nombreuses créations d’emplois sont donc à prévoir dans ce secteur dans les mois et les années à venir… Parmi les compétences recherchées, il y aura bien entendu celles du numérique (parmi les plus recherchées et actives sur LinkedIn). Des compétences digitales qui peuvent être acquises en formation initiale, mais également tout au long de la carrière. C’est dans cet esprit qu’a ouvert il y a quelques mois l’Atelier Numérique Google à Rennes. A travers l’ouverture de ce lieu, le géant du numérique a souhaité proposer au plus grand nombre un accès, en toute autonomie, à la formation digitale. Certains profils qui intégreront les entreprises dans l’avenir seront aussi certainement issus de l’école 42, également représentée au West Web Festival. Une question était d’ailleurs sur toutes les lèvres : les élèves de cette école, habitués à une grande autonomie et aux techniques du flat management, seront-elles à même de travailler dans un cadre au management plus traditionnel ?

Certains ne se posent même plus la question : ce sont les fondateurs des start-ups venues de la France entière pour qui participer durant ces deux jours aux dernières phases de la start-up battle, la première Coupe de France de la French Tech. Ces dirigeants ont partagé leur vision, leurs projets, leur stratégie et leur énergie avec le public et le jury, avant une finale survoltée opposant deux bretons ! Une bataille qui a récompensé Captain Vet, plateforme de prise de rendez-vous en ligne avec des vétérinaires. Bravo à Nicolas Charbonneau et à toute son équipe !

 

West Web Festival

Crédit photo : @Sii Ouest

Savoir attirer, manager et fidéliser les talents dans cette nouvelle économie

Pour accompagner ces nouveaux modèles, mais aussi attirer et intégrer des profils entrants sur le marché, le style de management est parfois déterminant. Christian Guillemot, directeur général délégué d’Ubisoft oppose d’ailleurs ce qu’il appelle l’ancien monde, avec des techniques basées sur le pouvoir et sur le contrôle et le nouveau monde, où confiance, compétences et agilité sont promues au rang de critères incontournables. Les modes de travail évoluent eux aussi. C’est le point de vue de Malt, plateforme de mise en relation entre freelances et entreprises. Pour répondre aux structures qui exercent de plus en plus en mode projet, les experts mettent à leur disposition leurs compétences, sur des missions courtes et avec peu de volume horaire au sein de petites entreprises, mais également sur des projets de plus grande envergure au sein de grands groupe. Ce nouveau fonctionnement vient questionner les modèles de travail existants, avec l’apparition de profils en quête d’autonomie et d’entrepreneuriat, en face d’entreprises qui aiment à se nourrir des expériences externes de leurs collaborateurs. Nous verrons donc peut-être une multiplication de contrats à temps partiel dans les entreprises, où les salariés dédieront une partie de leur temps à des missions de freelancing.

Et, bien entendu, l’attraction de talents au sein des entreprise du territoire breton repose aussi sur la richesse économique de la Bretagne. Forte :

  • d’une grande diversité de secteurs d’activités d’excellence,
  • d’écoles de qualité,
  • de véritables pépites dans les domaines de l’industrie et des services
  • ainsi que de la force des réseaux qui s’y déploient,

la Bretagne est un terreau fertile d’opportunités pour réaliser un « très beau bout de sa carrière », comme a su le rappeler Loïg Chesnais-Girard, Président du Conseil régional de Bretagne.

 

Recrutement et hyper-croissance

Quand une start-up décolle, elle doit mener ses premiers recrutements et commencer à structurer ses équipes. Cette phase d’hyper croissance est déterminante. Pour autant, les start-ups recrutent-elles pour 10 ans ? Pas forcément. Le témoignage de Matthieu Beucher, CEO de Klaxoon et de Fanny Le Gallou, Head of talent & people chez Doctrine, nous éclaire sur les stratégies adoptées :

  • anticiper les besoins,
  • avoir un « pipe » de profils déjà identifiés dans son réseau,
  • se doter d’un bon ATS et mettre en place des process pour ne pas oublier ces profils,
  • recruter avec des fiches de « non poste », des candidats au profil entrepreneur et surtout alignés avec les valeurs de l’entreprise.

 

Les start-ups recrutent-elles pour 10 ans ? Pas forcément. Le témoignage de Matthieu Beucher, CEO de Klaxoon et de Fanny Le Gallou, Head of talent & people chez Doctrine, nous éclaire sur les stratégies adoptées | #WestWebFestival via @AbakaConseilClick to Tweet

 

L’ « onboarding » sera par la suite l’une des clés du succès de l’intégration d’un nouveau collaborateur. Qu’il soit mené par les équipes du terrain, par un « buddy » désigné ou par les RH, ce processus est essentiel et passe par :

  • un accompagnement dans la prise de poste,
  • des échanges sur les codes de l’entreprise,
  • une lecture des valeurs telles qu’elles sont vécues au quotidien, etc.

Des valeurs souvent décisives pour sélectionner les candidats finaux. Chez Doctrine, le processus de recrutement inclut d’ailleurs un entretien « valeurs » et un déjeuner « fit » afin de vérifier la bonne adéquation entre le candidat, l’équipe et l’esprit de l’entreprise.

 

L’intelligence artificielle, comment s’en emparer pour plus de valeur ajoutée ?

Cet évènement a mis en lumière un grand nombre d’innovations, notamment via la traditionnelle start-up battle, a alerté l’audience sur l’importance de prendre du recul par rapport à certaines technologies, avec notamment l’intervention très remarquée de Qwant sur le tracking des internautes et, enfin, a remis l’humain au centre du processus d’innovation. Syllabs et sa technologie d’intelligence artificielle au service de la rédaction d’articles et de contenus rédactionnels en tous genres a par exemple recentré le débat en rappelant que la technologie ne devait pas être là pour remplacer les personnes mais bien pour les augmenter, leur permettre de se consacrer aux tâches fortes valeur ajoutée.

Un grand merci aux organisateurs de ce très beau festival, notamment à la West Web Valley, à tous les bénévoles, ainsi qu’à toutes celles et ceux avec qui nous avons eu la chance et le plaisir d’échanger durant ces deux jours.

Publié par Sarah Degrenne

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